Qui sera responsable en cas de nouvelles inondations ?
Nous avons vu par ailleurs qu'en cas d'orages violents, une partie des eaux de pluies se déversent dans le réseau d'eaux usées et l'amène rapidement à saturation. Le réseau d'égouttage des eaux usées de LLN a chaque fois montré son sous-dimensionnement lors des violents orages de 1993, 2005, 2016 et 2021. Et cela ne va pas s'améliorer avec le réchauffement climatique qui annonce des orages plus fréquents et plus violents.
Ce phénomène va encore s'accentuer par l'adjonction des eaux de 3.500 à 4.500 habitants potentiels futurs du site d'Athéna. Ce problème n'a pas été étudié dans le Rapport des incidences sur l'Environnement (RIE).
Et depuis la reprise des réseaux d'eaux usées et de pluie par la commune, rien n'a été fait ni imposé pour améliorer la situation. Il est clairelment nécessaire de construire un nouvel égout.
Et pourtant, c'est la commune qui est seul décideur final. En effet, pour un projet d'un promoteur privé, c'est la commune qui a le dernier mot et qui délivre les permis de d'urbanisation et d'urbanisme pour toute construction.
Pourquoi accepter encore un gros projet immobilier par la Ville dans cette situation sans contrepartie de travaux d'amélioration du réseau d'égouttage ?
C'est hélas la commune qui a hérité de ce réseau sous-dimensionné et elle devra en supporter les conséquences tant physiques que financières. Tout nouvel apport d'eaux usées par des constructions nouvelles ne fera qu'accentuer le problème à l'avenir et aggraver la situation.
Or, jusqu'à présent, la Ville n'a entrepris aucuns travaux pour améliorer le réseau. Pire, elle a délivré des permis d'urbanisme à de grands projets immobiliers sans demander de compensation (dites charges d'urbanismes) en terme du réseau d'égouttage, que ce soit pour les eaux usées et pour les eaux de pluies.
Grands projets immobiliers construits à LLN après l'an 2000 :
- Le centre commercial l'Esplanade et la rue Charlemagne 2005 (Wilhelm & Co) : 433 appartements, 30.000 m² de bureaux, 6.000 places de parking, un cinéma multiplexe de 13 salles et un ensemble commercial de près de 53.500 m² de surface utile ;
- Les Jardins de la Source, situé entre le Parc de la Source et le Musée Hergé 2012 (Wilhelm & Co) : 239 appartements, avec en rez-de-chaussée, 971 m2 bureaux ;
- L'Agora Resort au centre de LLN 2015 (Eckelmans) : complexe hôtelier (103 appart-hôtel, 108 chambres, salles de séminaires, city spa et pôle de restauration), 70 appartements-service et 76 appartements résidentiels ;
- Quartier Courbevoie à la Baraque 2018 (Thomas & Piron et Besix) : +- 450 logements ;
- En projet, 3 nouveaux buildings à côté de l'EPHEC aux Bruyères 2024 ? (Thomas & Piron ?) : 130 logements ;
- En projet, le quartier Athéna 2025 ? (INESU IMMO) : +- 1.500 logements
Et on parle encore de l'achèvement de la dalle du centre de LLN, avec 300 logements près du parking Sablon et 300 autres devant l'Aula Magna,.etc ...
Cela fait beaucoup de générateurs d'eaux usées et d'eau de ruissellement en supplément, dans un réseau déclaré comme déjà saturé. Et aucuns travaux d'amélioration de ce réseau n'a été imposé par la commune jusqu'à présent.

La délivrance de permis par la ville sans précaution préalable pour de gros projets est très préjudiciable pour les habitants actuels et futurs.
Comme il n'est pas facile pour un service communal de l'urbanisme de disposer d'un personnel spécialisé dans un domaine particulièrement spécifique comme l'hydrogéologie, la Ville ne devrait-elle pas, dès la connaissance d'un projet important, commanditer elle-même une étude complémentaire indépendante de l'UCLouvain et des promoteurs ?
Pourquoi la commune n'a-t-elle pas inclus dans l'avant-projet de SOL une étude de l'impact des eaux d'Athéna sur le quartier de Lauzelle et de LLN en général au niveau de l'égouttage ?
Qui payera in fine les dégâts ?
Malheureusement, cela pourra bien être la Ville d'OLLN et donc tous les citoyens de notre commune pour défaut de prévoyance. Mais là, on rentre dans un débat juridique et politique.
Une fois que les promoteurs auront vendu leurs biens, ils n'auront plus de compte à rendre au niveau de l'égouttage, mais bien la commune en cas de problème.
Cela ressemble fort au concept : privatiser les profits et socialiser les pertes.
Qui payera in fine les dégâts et les nouvelles infrastructures : le contribuable de la commune d'OLLN et non les promoteurs.